Notre 1er mois en Equateur

Une fois la frontière passée, la première chose à faire : le plein d’essence ! On s’est que le prix de l’essence ici est imbattable nous n’avions donc pas fait le plein avant de passer la frontière mais voilà la surprise du jour : ils n’ont pas l’autorisation de servir les véhicules étrangers dans les stations frontalières. L’employée doit donc demander une autorisation de son chef avant de nous servir. Bon, accord ou non, de toute manière on était à sec, ils auraient dû nous garder à dormir… Nous sommes fins prêts pour nous rendre à La Gruta de La Paz où il y a des thermes, après un bref détour par le cimetière de Tulcan et ses gardiens de verdure. Au petit matin Vincent va au restaurant dans l’espoir de voir le match de la France contre l’Uruguay à la télé. La sœur est aux manœuvres, télécommande à la main, afin de trouver le bon canal. Mais malheureusement la partie n’est pas diffusée en directe à la télévision équatorienne. Autant vous dire que cela met Vincent de très bonne humeur de si bonne heure ! Du coup on file se baigner dans les eaux chaudes.

 

La route qui mène à La Paz est vertigineuse et nous donne quelques frissons. Nous sommes heureux de retrouver la panaméricaine asphaltée jusqu’à Otavalo. Le week-end le marché est plus étendu qu’en semaine.  Il y a des stands d’artisanats à perte de vue et nous ne savons pas où donner de la tête entre les ponchos, les vestes, les bijoux, les instruments de musique… A l’heure du déjeuner nous allons au « Mercado 24 de mayo ». C’est le marché « alimentaire » de la ville. Ici, la spécialité c’est le cochon grillé entier accompagné de choclo (un type de maïs) et de yucca ou la fritada : de gros morceaux de viande de porc frits. Ensuite aux stands de fruits et légumes, nous sommes soudain pris de frénésie. Tout nous fait envie ! Nous revenons au camping-car nos huit bras bien chargés. Pour la nuit, nous nous installons sur les rives du lac San Pablo au centre acuatico. Nous sommes si bien installés que nous sommes restés ici 2 jours, chacun à ses occupations favorites ou à papoter avec nos voisins de passage et entre autres Leslie et Loïc, deux français (que l’on croyait argentins au départ) qui voyage en Amérique du Sud depuis le Chili.

 

Le mardi 10 juillet, pas d’école ce matin pour les enfants. Priorité absolue au match de demie finale France-Belgique qui a lieu à 13 heures. Juste le temps de trouver un restaurant pour s’installer confortablement à San Antonio près de la Mitad del Mundo. Après le coup de sifflet final, nous achetons un peu de maquillage afin d’être paré pour la finale et direction La Mitad del Mundo. C’est l’occasion de faire une leçon de géographie et d’expliquer aux enfants l’existence de cette ligne imaginaire.

Les grandes villes, et d’autant plus les capitales, ne sont pas notre tasse de thé mais nous ne voulons pas non plus passer à côté de Quito. Alors on se lance et heureusement il y a un super point Ioverlander au parc Carolina. Nous divaguons dans les rues de la vieille ville en passant par le musée des beaux arts. Le seul bémol de la journée : notre arrêt gourmandise, une tarte « maracuya » certainement coupable des malheurs de Clovis des jours à venir (à suivre…).

 

Le lendemain matin, Clovis n’est pas du tout dans son assiette. Nous quittons Quito en empruntant un tunnel qui n’était apparemment pas autorisé aux camions (même si nous n’avons vu aucune signalisation le mentionnant). Rien de surprenant donc de trouver quatre policiers à la sortie ! Et pour rendre la chose théâtrale, Clovis trouve le moyen de se vomir dessus au moment où il nous demande les papiers du véhicule. Nous nous en tirons seulement avec un bon sermon. Ouff…

Nous allons faire le plein de gaz directement à la « planta » comme nous l’a conseillé le livreur croisé la veille. Il y a ici deux enseignes susceptibles de nous remplir le tank. Mais voilà personne ne peut ou ne veut… il n’y a pas le raccord nécessaire… le camion qui pourrait nous servir n’est pas là et ne rentre pas ce soir… le chef ne peut pas donner son accord car il y a une réunion importante… On n’y comprend rien mais il faut garder son calme et être patient. J’arrête un à un chaque camion de livraison arrivant sachant qu’ils pourraient nous servir. Mais voilà ils n’ont pas de commande… il faut l’accord du chef qui est en réunion. Rrrr !!!!!! Nous sommes arrivés à 11h30, nous repartons enfin à 18h le tank rempli et nous avons compris une chose. En Equateur, la vente de GPL (propane) n’est pas autorisée pour les véhicules qui roulent au GNV. Il faut leur prouver que le propane ne nous est pas utile pour le moteur du véhicule, être patient et tomber sur la bonne personne.

Mais voilà qui est fait et la nuit commence déjà à tomber. Nous dormons à en altitude à l’entrée du parc Cayambe-Coca à près de 4 100 mètres d’altitude. J’en ai mal à la tête au réveil le matin et le temps est dégeu***** : froid – 4°C –, pluie et vent. Si nous avions envie de nous promener jusqu’à la lagune, ce ne sera pas aujourd’hui. On redescend de la cordillère vers le bassin amazonien et on arrive à Tena. Nous sommes accueillis dans l’hôtel Las Heliconias par les propriétaires Luis et Cecibel. L’endroit est merveilleux pour se reposer, profiter de la piscine et regarder la finale de la coupe du monde. Clovis, lui, n’a pas retrouvé la forme et ne peut ni manger ni boire. On le garde à l’œil nuit et jour. Salomé quant à elle profite de la piscine et se fait de nouvelles copines. Samedi, Vincent va s’acheter un maillot de l’équipe de France pour pouvoir hisser les couleurs de la France demain. Au passage il se fait interviewer par la radio locale et nous sommes invité tous ensemble le lendemain dans leurs locaux avant le match. Salomé chante en direct la marseillaise. Nous sommes de retour à temps à l’hôtel pour le match supportant la France alors que tous ceux qui nous entourent supportent la Croatie.

90 minutes plus tard…WE ARE THE CHAMPION !!!!

Et il est temps de filer à l’hôpital. Clovis est amorphe ce matin, même s’il commence à redigérer de petits morceaux. Salomé reste à l’hôtel. Luis nous y emmène en Jeep avec Jaime et Gabriela qui elle travaille au laboratoire de l’hôpital. Elle nous guide, nous permets de passer super vite et nous aide à expliquer la situation. 30 minutes plus tard Clovis est pris en charge aux urgences. Les analyses ne révèlent rien de grave mais une bonne déshydratation. Clovis doit passer l’après-midi avec une solution de réhydratation. Nous nous retrouvons tous les quatre au camping-car à 21 heures, Clovis ayant retrouvé ses couleurs. Il devra suivre les instructions du docteur les jours suivants qu’il m’a très gentiment écrit en français !

Maintenant que Clovis est sur pieds nous pouvons tranquillement visiter la coopérative de cacao KALLARI. On découvre d’abord le processus de fermentation, de séchage et de paquetage avec des stagiaires français puis les plantations accompagné par une famille d’une des 25 communautés de la coopérative. Les enfants jouent dans la rivière et font de la pirogue pendant que sur la rive je me suis fait dévorer les mollets pour de petits moucherons noirs. Et enfin vient le moment de la dégustation. On adore particulièrement le noir 80% au sel et éclat de fèves !

Avant de quitter Tena, nous avons préparé un déjeuner avec la famille de Luis pour les remercier de leur accueille et particulièrement du soutien de Gabriela à l’hôpital. Ils ont préparé des spécialités Equatoriennes et nous des françaises. Nous avons le ventre bien plein après la soupe de poulet, les rillettes de thon, le tilapia, le yucca, la blanquette de poulet et le cake aux citrons, le guayusa (une infusion) et les Chuta Curo frits !

 

Après un dernier saut dans la piscine nous allons à Puerto Misahuali. C’est une des villes les plus orientales d’Equateur sur le bord du fleuve Napo le plus long affluent du fleuve amazone. Les singes ont leurs habitudes sur la place centrale de la ville au milieu des habitants et des touristes. Nous nous rendons dans la communauté Shamushka sans pour autant participer aux sketchs qu’ils proposent aux cars de touristes. Nous faisons la connaissance des enfants qui nous montrent leur école. Vincent partage la Chicha, une boisson traditionnelle à base de yucca (ou manioc) mastiqué puis fermenté. Le goût varie suivant la personne qui la fait et le temps de macération. Hummmm…

Pour notre deuxième jour ici, nous partons à la découverte à pied de l’autre côté du pont. Nous passons par la communauté Shiripuno, le lit de la rivière Napo, la communauté de femmes Sinchi Warmi où nous déjeunons, et un tour en lancha pour découvrir des oiseaux que l’on dirait tout droit sortie de la préhistoire, Hoatzin, les petits singes tamarins sans oublier une énorme tarentule ! Pour clore la journée nous faisons 4 kms aller/retour à l’arbre géant. Même si à vrai dire nous serions bien rentrés en stop ou en taxi mais il n’y a aucun véhicule à l’horizon.

Le 22 juillet au matin, nous constatons que la rivière est montée d’environ trois mètres. Il a plu toute la nuit et il continue toujours de pleuvoir. Effectivement la rivière a englouti la plage, le pont d’accès à la plage, le port et la place. Son débit est très impressionnant et emporte des arbres entiers. Nous, qui avions envisagé de stationner sur la plage, sommes heureux de notre choix. Certaines habitations sont inondées.

 

A Puyo, nous nous rendons au Paseo de los Monos, un refuge d’animaux et vous l’aurez deviné principalement des singes. Nous proposons notre aide comme volontaires pour quelques jours. Nous faisons la connaissance l’Yvan, le propriétaire, Lisette, sa p’tite femme comme il aime à le dire, et les autres bénévoles. C’est l’opportunité d’approcher les animaux, de participer à la distribution des rations matinales, de l’eau et à l’entretien du parc. Clovis, qui n’est pas du matin, se fait surprendre le premier matin par Newton, un capucin blanc, qui lui saute dessus pour lui chiper son bout de pain. Moi, c’est Raphaël qui m’aime bien. C’est un autre singe qui préfère les cheveux longs et mettre les doigts dans mes oreilles. Ceux qui me connaissent bien ne seront pas surpris d’apprendre que ses assauts me glacent à chaque fois.

 

Ici nous faisons la connaissance de Rayu qui travaille au refuge et qui rentre quelques jours dans sa communauté de Santa Ana pour la fête annuelle. Nous nous y rendons en camping-car avec lui et Mo, un volontaire iranio-américain. Nous découvrons sa famille, son village, les cérémonies aux sons des tambours et des cornes, les distributions et douches de chicha. La tante de Rayu nous tatoue le visage avec le jus d’un fruit qu’elle cuit sur son foyer. A 4h20, Rayu vient toquer au camping-car pour nous conduire à une cérémonie rituelle. Un couple danse autour du feu pour nous accueillir. S’en vient peinture sur nos fronts, fumigation d’herbes médicinales et « exorcisme » du boa. Je me retrouve donc en pleine nuit avec un boa de trois mètres de long enroulé autour de mes épaules. Vincent lui ne pourra pas se soumettre au « dieu » serpent. Après nous rejoignons les gens de village rassemblés au terrain de foot pour parler et débriefer des festivités de cette année. Mais j’ai encore sommeil, on demande congé et retournons au chaud sous notre couette.

 

Nous faisons route vers l’Ouest par la « Ruta de las cascadas ». Après une halte à la cascade « Pailon del Diablo », nous nous arrêtons à Baños et déposons Léo, qui était volontaire avec nous à Puyo, à la gare routière.

Aux termes Reina del Rosario, près de Penas Negras, nous sommes malades tout les deux. De la fièvre, la nausée, des frissons, on dirait bien une grippe. Les enfants sont quant à eux en plein forme et profite d’avoir le champ libre. Ils jouent et se font même à déjeuner seuls.

A la nuit tombée, nous sommes rejoints par Emanuel, un cycliste allemand, parti de Whitehorse, au Yukon, en août 2017. Malgré le froid qu’il fait ici à 3 800 mètres d’altitude, il dort dans sa tente.

De nouveaux sur pieds, nous apprécions de nous baigner dans les eaux chaudes naturelles avant de reprendre la route vers le volcan Chimburazo. Dès le déjeuner, nous partons faire la promenade de deux kms qui mène à la lagune à 5 100 mètres d’altitude. Ça tire un peu. Nous dormons près du refuge à 4 800 mètres d’altitude au coeur de cette haute montagne sauvage gardée par les lamas et les vigognes.

 

Nous faisons maintenant route vers le village de Salinas, une bonne adresse d’Yvan pour trouver du fromage, du saucisson et découvrir la fabuleuse histoire de ce village !

2 réponses sur “Notre 1er mois en Equateur”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.