El Mirador

17 secondes ! Ca aura été le temps de réflexion pour me décider de faire El Mirador ou plutôt pour demander à Isa si elle est ok de garder les p’tits pendant 6 jours sur l’île de Flores. Je pars avec Laurent, un copain voyageur. El Mirador, c’est 120 kms de marche à travers la jungle pour aller découvrir des sites mayas en cours d’exploration.

Une bonne négociation qui nous a fait baisser le prix à 1500 quetzals et c’est parti, décollage demain matin à 6 h pour 4 heures de route direction Carmelita. Bon… ce sera plutôt 7 heures de route pour faire 90 kms. On aura dû changer de véhicule en cours de route car la camionnette n’a pas réussi à outrepasser la piste avec la pluie qui est tombée ses derniers temps. Un 4×4 vient à notre rescousse.

C’est à 13 h que nous arrivons à Carmelita. Nous sommes invités à manger au resto qui nous donne l’impression que c’est le dernier. En repassant par la coopérative, on croise des français qui nous déconseillent de partir faire les 17 kms prévus ce jour car le chemin est ultra boueux. Ce qui nous attend derrière n’est pas de tout repos.

Pour nous guider nous avons Enrique, un super guide d’une quarantaine d’années – une force de la nature – une excellente cuisinière qui nous suivra tout le long du chemin et 3 mules pour porter les paquetages.

Nous restons positifs et nous lançons pour les 17 kms, nous arriverons à la nuit tombée. Tout juste arrivés, Gladys avait pris de l’avance avec ses mules et avait déjà préparé un super bon repas. Dans ce 1er campement, commence la guerre du séchage des chaussures et des vêtements complètement trempés et boueux.

Nous avons environ 25 kms le lendemain pour arriver sur le site principal, la météo est cool et la rando se fait bien même s’il n’est pas toujours évident de se frayer un chemin dans la jungle, mais Enrique manie bien la machette. Après nous crapahutons sur la pyramide El Tigre pour voir notre premier coucher de soleil au cœur de la jungle. Magique expérience de se retrouver au milieu de la forêt à écouter les cris de singes hurleurs et des oiseaux au-dessus des arbres loin des habitations au cœur de nulle part ! Drôle de sensation ! Ma nuit ne sera pas de tout repos car je passe mon temps sur le chemin entre les toilettes et ma tente. Je crois que j’aurais dû m’abstenir de manger ce poulet qui trainait depuis je ne sais combien de temps en attendant le 4×4 sur la route pour Carmelita.

Le lendemain nous découvrons tous les sites mayas avec les super explications d’Enrique en espagnol bien entendu mais il prend plus de temps pour que nous comprenions, il est têtu notre guide.

Gladys continue à nous préparer de super bons repas et petits-déjeuners sur son feu de bois. On cuisine à l’eau de pluie.

Après direction la Danta la plus haute pyramide maya découverte à ce jour. Les archéologues sont en cours d’exploration. Les bâches protègent les excavations. Tout est brut et il n’est pas rare de trouver des morceaux de céramiques. Nous passons la journée à marcher à travers ces sites, beaucoup de kilomètres. Ce soir nous nous amusons avec Laurent et Enrique à débusquer les tarentules et les scorpions et j’ai l’honneur en allant pisser de tomber sur le serpent le plus dangereux du Guatemala, le Barba maria.

C’est parti pour plus de 35 bornes de marche direction La Floride (pas Miami beach !! C’est un autre campement) sauf qu’aujourd’hui la pluie est de retour et c’est le déluge. On se met en mode militaire et on se retourne le cerveau pour ne pas penser à ce qui nous reste à marcher dans la boue, les branches et la flotte. Notre binôme americano-anglais commence à ramer. Nous avons un peu peur d’arriver à la nuit car elles ont eu du mal à sortir de la tente ce matin. Nous n’avons pas bien dormi avec l’orage de cette nuit. Les chemins se sont transformés en ruisseaux voire en rivières. Nous sommes en Floride et bien contents d’y être. Gladys nous concocte un bon poulet. Mais comment fait-elle sans glacière au bout de 5 jours ! Après être reparti en mission pour trouver une place au coin d’un feu pour sécher mes vêtements et mes chaussures recouvertes de boue. C’est un peu la guerre, chacun veut trouver un coin ! On partage avec Laurent les dernières gouttes de rhum pour passer une bonne nuit.

Réveil, les chaussures des filles sont encore trempées, ça râle ! Laurent leur file des sacs plastiques à la place des chaussettes mais positivons il fait beau. Mais au bout de 10 mètres la pluie se remet à tomber, quand je dis pluie ici c’est douche. Ça tombe bien on en a bien besoin. On rigole un peu, l’eau passe tout de suite au-dessus de nos chaussures. Et nous n’avons que quelques kilomètres aujourd’hui. De mon côté, mes chaussures sont sèches si bien que j’ai l’impression d’avoir deux briques de terre cuite aux pieds. On passera ces derniers kilomètres à trouver le meilleur passage pour ne pas avoir de l’eau et de la boue jusqu’aux genoux et nous arriverons vers midi à Carmelita. Nous sommes fiers d’arriver au terme de ce trek de 6 jours, pas de tout repos.

Super expérience que je renouvellerais avec plaisir. Nous avons fait la rencontre de nombreuses tiques. Laurent me met la pige avec une trentaine contre une vingtaine pour moi. Ce qui nous aura valu de passer nos soirées à « s’étiquetter », ce qui fait beaucoup rire notre guide et notre cuisinière. Ici ils appellent ça des « guarapatas ». Le plus drôle c’est que les guatemaltèques n’en auront pas eu une seule. Elles doivent préférer le sang des visages pâles. Merci Isa d’avoir mis le tire-tique dans mon sac !

5 heures de route, retour à Flores.

 

par Vincent

3 réponses sur “El Mirador”

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